• Danielle. G. Pétrus

L'Alchimie de la Pierre d'Ekatérina Sedia

Un des mes gros coups de cœur de cette année.

Le décor est celui d’une cité, fondée par des Gargouilles et dirigée par un Duc vivant à l’abri de son palais, éloigné de ses sujets, incarnation d’un gouvernement anachronique. Dans cette cité, Mécaniciens et Achimistes se disputent le pouvoir. La société se décline sur le mode de la discrimination, homme-femme, automate-humain, riche-pauvre, automate intelligent-automate prolétaire ; on descend ainsi l’échelle sociale jusqu’aux enfants-araignées dont je ne dirai rien. La révolte s’organise dans les bas-fonds. Mattie, une automate douée d’intelligence, émancipée en partie par son créateur et devenue alchimiste, est sollicitée par les Gargouilles pour conjurer la malédiction qui les transforme en statues de pierre. Mattie mène donc une enquête au cours de laquelle elle rencontre des personnages plus intrigants les uns que les autres et dont on ne peut vraiment savoir jusqu’à la fin s’ils sont bénéfiques ou maléfiques.

Dans sa volonté de s’affranchir totalement de son mécanicien, en obtenant la clé qui lui permettra de remonter seule son cœur, l’automate Mattie est un personnage déchirant ; sans doute celui qui dans le roman incarne le plus l’humanité.

J’ai aimé découvrir peu à peu, à travers son regard, cet univers dérangeant, sombre, plein de violence et de fumées. On y avance prudemment, en cherchant les codes. Mattie ne se révolte pas, on le voudrait pour elle.

L’écriture d’Ekatérina Sédia est délicate, sensible, chuchotée, hypnotique.

Un excellent steampunk !


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